On entend partout qu’il faudrait rester positif, voir le bon côté des choses, garder le sourire quoi qu’il arrive. Cette injonction à la positivité est devenue presque une norme sociale. Pourtant, derrière ce discours se cache une croyance qui peut faire bien des ravages : la positivité toxique.
Je viens de voir l’excellent film « Gourou « avec Pierre Niney qui incarne un coach en développement personnel qui pousse à aller trop loin. Ce coach devenu gourou prône la pensée positive poussée à l’extrême et clame haut et fort : « Ce que tu tu veux, c’est ce que tu es ». Comme s’il suffisait de vouloir pour pouvoir et être …
En pensant cela, on nie la souffrance. Les émotions difficiles n’ont pas le droit d’exister . Comme si ressentir de la tristesse, de la colère ou de la peur devenait une erreur ou une faiblesse. Quand on est en souffrance même si on veut , on ne peut pas …
Nier ce qui fait mal peut être traumatisant. Lorsqu’une personne traverse des tempêtes ou qu’elle a subi des traumatismes et qu’on lui renvoie qu’elle devrait penser positif ou qu’elle est trop sensible et devrait passer à autre chose plutôt que d’exprimer ce qu’elle vit, son vécu n’est pas considéré . Ce mécanisme culpabilise la personne et ne l’aide pas . Il peut même parfois réactiver ou créer des traumatismes, en particulier chez celles et ceux qui ont déjà dû apprendre à taire leurs émotions pour survivre.
Sur le long terme, les traumatismes non reconnus ne disparaissent pas juste parce qu’on en a la volonté . Ils s’inscrivent dans le corps, dans le système nerveux, dans les relations. Ils peuvent se manifester par de l’anxiété, des troubles psychosomatiques, un sentiment d’insécurité permanent ou une difficulté à faire confiance. La positivité toxique, en cherchant à passer au-dessus de la douleur, empêche en réalité sa réparation.
Je suis coach moi aussi mais je pense qu’aucune transformation durable ne peut s’opérer en niant la souffrance. Accueillir la souffrance n’est pas s’y enfermer, c’est lui donner un espace pour être entendue, intégrée et transformée.
En tant que thérapeute, je défends une approche qui reconnaît les traumatismes, respecte les émotions et considère que la guérison ne passe jamais par le déni, mais par l’accueil et la réparation.
Céline Leuenberger

Un temps pour souffler, se recentrer et s’apaiser, en toute bienveillance.
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