Le figement est une réaction naturelle du corps face à une situation perçue comme trop intense ou dangereuse. On ne se fie pas par choix, ni par manque de volonté. Le figement est une stratégie de survie.
Un enfant témoin de violences à la maison peut rester immobile, silencieux, comme absent sans même pleurer. Il disparait intérieurement non par indifférence mais parce qu’il essaye inconsciemment de se protéger.
Un autre enfant, à qui l’on demande d’être parfait, sage, irréprochable et dont les émotions ne sont pas écoutées, reconnues et validées apprend à ne pas déranger . Il apprend à ne pas prendre de place et ne pas exprimer ses émotions . Il est également figé pour se protéger.
Plus tard, il deviendra peut être un adulte qui doute, s’efface et n’ose plus.
Le figement, c’est l’un des 4F de la méthode avec laquelle j’accompagne (freeze). C’est une réponse de notre système nerveux face au danger.
On se fige quand c’est trop : trop dur, trop violent, trop soudain et inattendu… C’est notre corps qui nous dit de nous protéger comme on peut.
Notre cerveau reptilien prend le relais et choisit de se couper du ressenti pour nous protéger, on est en « mode survie ».
Chez l’adulte aussi, le figement est aussi fréquent pour se protéger du danger.
Un adulte qui se fait constamment dénigrer dans son couple ou rabaissé au travail peut se retrouver incapable de répondre non par faiblesse mais parce qu’il est figé : les mots restent bloqués, la gorge se serre, le corps se rigidifie, l’esprit se vide…
Dans mes accompagnements, j’aide à reconnaître ces états de figement pour les accueillir avec douceur, et petit à petit, remettre du mouvement là où tout s’est figé.
L’inconnu fait peur et ceci même quand rationnellement, « il n’y a pas de danger » et que normalement « tout devrait bien se passer ». Le corps, lui, ne raisonne pas comme le mental mais il est en hypervigilance : il anticipe et protège par rapport à ce qu’il ressent. Pour ces raisons, il peut se figer face à l’inconnu. Pour notre système nerveux, ce qui est inconnu est imprévisible et donc potentiellement dangereux.
Il s’agit d’un héritage ancien, inscrit dans notre ADN depuis les origines de notre espèce humaine:
Ne pas savoir = ne pas pouvoir anticiper = ne pas pouvoir se défendre.
Ainsi, même dans des situations non risquées, le corps peut déclencher une alerte : pour un rendez-vous, un examen, un déménagement, une prise de parole, une décision ..
Tout ce qui sort de notre zone connue et de confort peut réveiller notre peur.
Souvent, ce n’est pas l’événement en lui-même qui provoque le figement mais ce qui le réactive. Ainsi, si dans le le passé, l’inconnu a été associé à : une situation de violence, de l’abandon, de l’humiliation, de l’injustice, de la perte de contrôle, de la solitude… Alors le corps s’en souvient. Et ceci même si l’on ne va pas en avoir conscience. Tout va se réactiver car le système nerveux, lui, reconnaît le terrain et il va ainsi déclencher le mode survie.
Le figement ne se voit pas toujours, il peut être au contraire discret et prendre une forme inhabituelle.
Voici comment le figement peut se manifester :
-se sentir déconnecté (à côté de soi)
-des difficultés à réfléchir
-une fatigue soudaine
une impression d’être bloqué
-une incapacité à décider
une procrastination extrême qui nous empêche d’avancer
-un besoin de fuir… mais sans y arriver
-une anesthésie émotionnelle
Quand on sait ce que l’on doit faire mais que l’on n’y arrive pas, ce n’est pas un manque de motivation mais c’est un blocage de notre système nerveux!
À force, le figement face à l’inconnu peut enfermer et nous fait éviter, reporter et même renoncer. On préfère rester dans des situations inconfortables mais connues, plutôt que d’oser le changement parce qu’on a peur de l’inconnu, de revivre une blessure ou de ne pas pouvoir survivre émotionnellement.
Heureusement, le corps peut apprendre autre chose et comprendre que : aujourd’hui, c’est différent, qu’ il y a des ressources, du soutien, du choix…
Dans mes accompagnements, je vous aide à retrouver votre sécurité intérieure. Avant de demander au corps d’avancer, on lui apprend d’abord à se sentir en sécurité. Et pour cela il faut l’écouter, le respecter et le rassurer. C’est comme cela que votre corps va oser à nouveau et se remettre en mouvement !